Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969) Chapitre 29, page 387
« Les Coopérateurs de 1888 à 1965 »
L’organisation du mouvement (suite, de 1920 à 1952)
… Le supériorat du P. Rinaldi, quant à lui, passe pour avoir été un âge d’or des coopérateurs. Familiarisé depuis longtemps avec le problème et connaissant bien la pensée de Don Bosco, le nouveau recteur majeur leur manifestait un grand intérêt. Il pris personnellement contact avec nombre de cadres du mouvement. Le congrès de Turin de 1926 réunit mille cinq cents participants, parmi lesquels un grand nombre de délégations internationales. Une autre statistique de l’époque—probablement discutable du reste—nous apprend qu’en moins de deux ans, on avait réussi à rassembler en diverses rencontres quelques trois cents directeurs diocésains et plus de quatre mille cinq cents « décurion ». Insatiable, le P. Rinaldi s’employait à multiplier le nombre d’associés. Il n’hésitait pas à écrire à un provincial d’Amérique : « JE suis content que vous travailliez à donner vie à la coopération salésienne. C’est la troisième œuvre de Don Bosco et nous devons la faire prospérer partout. Don Bosco disait que coopérateur est synonyme de bon chrétien. Il faut donc que tous les bons chrétiens du monde deviennent coopérateurs. » Aux anciens élèves eux-mêmes, il donnait pour consigne au début de 1927 de « diffuser l’idée de la coopération salésienne ». Le Bulletin salésien faisait, à sa demande une active campagne dans ce sens.
Durant les premières années du P. Ricaldone, l’association continua sur sa lancée, mais bientôt le recteur majeur ne put en arrêter la décadence provisoire. Les temps étaient troublés, et d’autres soucis harcelaient l’entreprenant supérieur.
Après les années de dislocation générale (1939-1945), le sursaut vint en 1947, hâté par le premier chapitre général d’après-guerre. A cette occasion, le P. Ricaldone obtint au chapitre supérieur un conseiller supplémentaire chargé de la direction générale de l’Union. En 1950, il reprenait un projet de Don Rua en demandant à chaque provincial de créer un poste de « délégué inspectorial aux coopérateurs » et des « délégués locaux » dans chaque maison. En 1950, il nommait également un nouveau secrétaire général, le P. Guido Favini, qui s’entendit donner cette simple consigne : « Tu dois faire ce que faisait naguère le P. Trione ». Reçu en audience par Pie XII le 23 juin 1951, le P. Favini provoqua l’intérêt du pape pour le « tiers ordre salésien » et s’attela aussitôt à la préparation d’un congrès qui devait marquer la reprise de l’association. On s’apprêtait au surplus à fêter le soixante-quatorzième anniversaire de sa création. Le congrès de Rome du 11 au 13 septembre 1952, honoré par un discours (résumé ci-dessus) du pape à Castelgandolfo, fut un succès. Mais, à cette date, le P. Ricardone était mort depuis plusieurs mois.
Son successeur, le P. Ziggiotti, reprenait le flambeau avec le souci d’harmoniser l’idéal de Don Bosco et les directives du Saint-Siège. Une manière d’institut séculier de coopératrices, dites oblates, puis volontaires de Don Bosco, se développait alors dans la ligne du groupe des zélatrices encouragé en son temps, comme nous l’avons vu, par le P. Filippo Rinaldi. Il prenait forme en Italie, en France et en Espagne.