mercredi 2 septembre 2026
mardi 4 août 2026
Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969) Chapitre 29, page 387
« Les Coopérateurs de 1888 à 1965 »
L’organisation du mouvement (suite, de 1920 à 1952)
… Le supériorat du P. Rinaldi, quant à lui, passe pour avoir été un âge d’or des coopérateurs. Familiarisé depuis longtemps avec le problème et connaissant bien la pensée de Don Bosco, le nouveau recteur majeur leur manifestait un grand intérêt. Il pris personnellement contact avec nombre de cadres du mouvement. Le congrès de Turin de 1926 réunit mille cinq cents participants, parmi lesquels un grand nombre de délégations internationales. Une autre statistique de l’époque—probablement discutable du reste—nous apprend qu’en moins de deux ans, on avait réussi à rassembler en diverses rencontres quelques trois cents directeurs diocésains et plus de quatre mille cinq cents « décurion ». Insatiable, le P. Rinaldi s’employait à multiplier le nombre d’associés. Il n’hésitait pas à écrire à un provincial d’Amérique : « JE suis content que vous travailliez à donner vie à la coopération salésienne. C’est la troisième œuvre de Don Bosco et nous devons la faire prospérer partout. Don Bosco disait que coopérateur est synonyme de bon chrétien. Il faut donc que tous les bons chrétiens du monde deviennent coopérateurs. » Aux anciens élèves eux-mêmes, il donnait pour consigne au début de 1927 de « diffuser l’idée de la coopération salésienne ». Le Bulletin salésien faisait, à sa demande une active campagne dans ce sens.
Durant les premières années du P. Ricaldone, l’association continua sur sa lancée, mais bientôt le recteur majeur ne put en arrêter la décadence provisoire. Les temps étaient troublés, et d’autres soucis harcelaient l’entreprenant supérieur.
Après les années de dislocation générale (1939-1945), le sursaut vint en 1947, hâté par le premier chapitre général d’après-guerre. A cette occasion, le P. Ricaldone obtint au chapitre supérieur un conseiller supplémentaire chargé de la direction générale de l’Union. En 1950, il reprenait un projet de Don Rua en demandant à chaque provincial de créer un poste de « délégué inspectorial aux coopérateurs » et des « délégués locaux » dans chaque maison. En 1950, il nommait également un nouveau secrétaire général, le P. Guido Favini, qui s’entendit donner cette simple consigne : « Tu dois faire ce que faisait naguère le P. Trione ». Reçu en audience par Pie XII le 23 juin 1951, le P. Favini provoqua l’intérêt du pape pour le « tiers ordre salésien » et s’attela aussitôt à la préparation d’un congrès qui devait marquer la reprise de l’association. On s’apprêtait au surplus à fêter le soixante-quatorzième anniversaire de sa création. Le congrès de Rome du 11 au 13 septembre 1952, honoré par un discours (résumé ci-dessus) du pape à Castelgandolfo, fut un succès. Mais, à cette date, le P. Ricardone était mort depuis plusieurs mois.
Son successeur, le P. Ziggiotti, reprenait le flambeau avec le souci d’harmoniser l’idéal de Don Bosco et les directives du Saint-Siège. Une manière d’institut séculier de coopératrices, dites oblates, puis volontaires de Don Bosco, se développait alors dans la ligne du groupe des zélatrices encouragé en son temps, comme nous l’avons vu, par le P. Filippo Rinaldi. Il prenait forme en Italie, en France et en Espagne.
retrouvez l'article dans la série sur les coopérateurs : https://www.don-bosco.net/actualites/150-ans-des-salesiens-cooperateurs-4-etre-membre-du-groupe-de-wittenheim-est-source-de-joie-temoigne-jean-paul/
lundi 27 juillet 2026
Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969) Chapitre 29, page 386
« Les Coopérateurs de 1888 à 1965 »
L’organisation du mouvement (suite)
… Dès 1893, Don Rua avait voulu réunir à Valsalice, sur la tombe de Don Bosco, la première assemblée des cadres du mouvement. Début prometteur, puisque des représentants de vint-six diocèes d’Italie avaient répondu à son appel. Rencontre fructueuse aussi, puisque de ce « chapitre général des directeurs diocésains de la Pieuse union », comme l’appelait curieusement le compte rendu officiel, devait jaillir l’idée du premier grand congrès international de Bologne. A partir de là, l’organisation progressa d’un bon pas et au rassemblement de Turin en 1898, c’étaient déjà quarante diocèse s qui étaient représentés.
Mais peut-être faut-il penser qu’un des premiers soucis du P. Rua était de convaincre ses propres troupes de leurs responsabilité à l’égard du « tiers ordre ». Certains de ses interventions le font croire. C’est ainsi qu’au chapitre général de 1895, une commission spéciale se mit, sur sa demande, en devoir d’étudier les relation des coopérateurs avec les maisons salésiennes ainsi que les relations de celles-ci avec Turin à propos de cette question. Aux chapitres de 1901 et de 1904, lui-même proposa de nommer dans chaque province un « correspondant inspectorial » pour s’occuper du mouvement, et semblablement dans chaque maison, un « chargé des coopérateurs ». Les onze articles qui figurent à la fin des Règlements de la Société salésienne sous le titre significatif de Règles pour les salésiens à propos de la Pieuse union des coopérateurs proviennent quant au fond, sinon quant à la forme, des délibérations d’alors. On trouve là-dedans une autre innovation de ce rectorat : la création d’un Bureau Central des coopérateurs, composé d’un président, qui est le préfet général de la Société, de trois conseillers (le rédacteur en chef du Bulletin Salésien, le propagandiste et le chef de la correspondance) et d’un ou de plusieurs secrétaires. Don Rua sut enfin trouver l’homme qu’il fallait pour réaliser ses plans. En chargeant le P. Stefano Trione de la « propagande » et en le nommant premier secrétaire général de l’Union, c’était près d’un demi-siècle de « coopération » active qui s’ouvrait.
Des difficultés, il y en eut tout de même. Après le P. Rua, le rectorat du P. Albera coïncide avec une époque de bouleversements peu favorables à ce genre d’organisation. Les rassemblements prévus en 1915 pour le centenaire de la naissance de Don Bosco ne purent avoir lieu, car l’Europe était en flammes. En revanche, d’importantes assises se tinrent en Amérique du Sud, dont un congrès international à Sao Paulo en 1915. Il faut noter par ailleurs que les anciens élèves furent encouragés à faire partie de l’Union. Le congrès des coopérateurs et des anciens élèves réuni à Turin en 1920 pour l’inauguration du monument à Don Bosco, fera cette constatation réconfortante, qu’entre gens provenant de pays hier encore ennemis, l’esprit salésien avait créé une authentique amitié fraternelle. Ce congrès, c’était aussi une preuve de vitalité après plusieurs années de tourmente en Europe.
dimanche 26 juillet 2026
Don Bosco Aujourd'hui : Rencontre avec Odile
dimanche 19 juillet 2026
2ème article Don Bosco Aujourd'hui : Danièle Vial
https://www.don-bosco.net/actualites/150-ans-des-salesiens-cooperateurs-1-on-croit-au-projet-salesien-temoigne-daniele-a-lyon/
samedi 18 juillet 2026
Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969) Chapitre 29, page 384
« Les Coopérateurs de 1888 à 1965 »
L’orientation du mouvement (suite)
Le p. Ziggiotti, pour sa part, demanda aux coopérateurs de prendre au sérieux leurs responsabilités de laïcs dans l’Eglise. Le ton avait été conné par lPie XII lui-même en septembre 1952. S’adressant aux coopérateurs réunis à Rome, en un discours que l’on considéra comme la magna charta de l’association, le pape avait rappelé que si celle-ci est « greffée sur le cep prolifique d e la famille religieuse de saint Jean Bosco », sa fin immédiate était d’être à la disposition de la hiérarchie. A ce titre, l’Eglise attendait beaucoup de ce mouvement providentiel du laïcat catholique.
L’orientation à la fois apostolique et ecclésiale apparaissait dès lors de plus en plus explicite. Dans un important document de 1935, le P. ZIggiotti affirmait que « la mission propre des coopérateurs est l’apostolat selon l’esprit salésien » et rappelait la définition qu’avait donnée Pie XI de leur mouvement : « première ébauche remarquable d’Action catholique ». Appelé à « participer à plein à l’apostolat des laïcs », les coopérateurs étaient invités par leur supérieur, à l’aube du concile Vatican II, à « vivre l’Eglise ».
L’organisation du mouvement
Pour remplir son rôle, l’Union des coopérateurs a besoin également, comme tout mouvement, d’organisation et de structures. Nécessité d’autant plus gande que le chiffre des adhérents n’a cessé de monter, au rythe de l’expansion salésienne elle-même.
Concrètement, il s’agissait de faire parvenir à la « base » les orientations des responsables; de provoquer des rencontres pour permettre aux membres de mener des actions communes, comme le veut le règlement ; de veiller à la mise en place des responsables locaux chargés de faire le lien avec le centre. Ici encore, les recteurs majeurs ont souvent payé d’exemple.
Dès le début du rectorat, Don Rua prit des mesures pratiques pour assurer un bon fonctionnement de l’Union. Son Manuel précisait et complétait sur nombre de points le règlement primitif en ce qui concerne la marche de l’association. S’inspirant d’ailleurs de certaines dispositions prise du vivant de Don Bosco, il introduisait de nouveaux rouages dans la machine ou perfectionnait des fonctions existantes : le directeur diocésain, centre de l’action salésienne dans son diocèse; le condirettore, chef des « décurions » dans les villes ou localités importantes ; le « zélateur » et la « zélatrice », coopérateurs actifs qui s’efforcent d’implanter le mouvement dans leur région ; les comités et les sous-comités chargés d’aider le directeur diocésain…. On n’oubliait pas non plus de donner des normes précises pour la tenue des conférences.