Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969) Chapitre 29, page 384
« Les Coopérateurs de 1888 à 1965 »
L’orientation du mouvement (suite)
Le p. Ziggiotti, pour sa part, demanda aux coopérateurs de prendre au sérieux leurs responsabilités de laïcs dans l’Eglise. Le ton avait été conné par lPie XII lui-même en septembre 1952. S’adressant aux coopérateurs réunis à Rome, en un discours que l’on considéra comme la magna charta de l’association, le pape avait rappelé que si celle-ci est « greffée sur le cep prolifique d e la famille religieuse de saint Jean Bosco », sa fin immédiate était d’être à la disposition de la hiérarchie. A ce titre, l’Eglise attendait beaucoup de ce mouvement providentiel du laïcat catholique.
L’orientation à la fois apostolique et ecclésiale apparaissait dès lors de plus en plus explicite. Dans un important document de 1935, le P. ZIggiotti affirmait que « la mission propre des coopérateurs est l’apostolat selon l’esprit salésien » et rappelait la définition qu’avait donnée Pie XI de leur mouvement : « première ébauche remarquable d’Action catholique ». Appelé à « participer à plein à l’apostolat des laïcs », les coopérateurs étaient invités par leur supérieur, à l’aube du concile Vatican II, à « vivre l’Eglise ».
L’organisation du mouvement
Pour remplir son rôle, l’Union des coopérateurs a besoin également, comme tout mouvement, d’organisation et de structures. Nécessité d’autant plus gande que le chiffre des adhérents n’a cessé de monter, au rythe de l’expansion salésienne elle-même.
Concrètement, il s’agissait de faire parvenir à la « base » les orientations des responsables; de provoquer des rencontres pour permettre aux membres de mener des actions communes, comme le veut le règlement ; de veiller à la mise en place des responsables locaux chargés de faire le lien avec le centre. Ici encore, les recteurs majeurs ont souvent payé d’exemple.
Dès le début du rectorat, Don Rua prit des mesures pratiques pour assurer un bon fonctionnement de l’Union. Son Manuel précisait et complétait sur nombre de points le règlement primitif en ce qui concerne la marche de l’association. S’inspirant d’ailleurs de certaines dispositions prise du vivant de Don Bosco, il introduisait de nouveaux rouages dans la machine ou perfectionnait des fonctions existantes : le directeur diocésain, centre de l’action salésienne dans son diocèse; le condirettore, chef des « décurions » dans les villes ou localités importantes ; le « zélateur » et la « zélatrice », coopérateurs actifs qui s’efforcent d’implanter le mouvement dans leur région ; les comités et les sous-comités chargés d’aider le directeur diocésain…. On n’oubliait pas non plus de donner des normes précises pour la tenue des conférences.