Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969) Suite chapitre 16, page 207
« Les Coopérateurs Salésiens »
Le règlement de 1876, suite
Enfin, cette Union est organisée. Son supérieur est le supérieur des salésiens, mais « dans toutes les choses qui ont trait à la religion », elle est en dépendance « absolue » de la hiérarchie. Ce dernier point mérite d’être relevé, car il ne figurait pas dans les premiers projets de l’association. Au plan local, le responable des coopérateurs est le directeur salésien et, s’il n ‘y a pas de maison salésienne, un coopérateur nommé « décurion ». Deux réunions annuelles sont prévues dans leur programme.
Du projet primitif d’une congrégation formée de membres internes et externes, il semble que l’on puisse découvrir une résurgence dans un beau passage du chapitre sixième: « Les membres de la congrégation salésienne considèrent tous les coopérateurs comme autant de frères en Jésus-Christ et ils s’adresseront à eux chaque fois que leur aide peut contribuer à la plus grande gloire de Dieu et au bien des âmes. Avec la même liberté, les coopérateurs se tourneront, le cas échéant, vers les membres de la congrégation salésienne ». Faute de pouvoir des dire confrères, ils seront les uns pour les autres, religieux de profession et coopérateurs hors communautés, des frères.
Succès de l’entreprise
Immédiatement après l’approbation, Don Bosco se met au travail. Il parle, il voyage, il recrute… Il s’était donné deux ans pour mettre son association sur les rails. Les délais seront respectés.
La méthode est variable, mais les résultats sont éloquents. Souvent, quand il sait qu’il n’y aura pas de résistance, il envoie tout bonnement au futur coopérateur le règlement ainsi que le diplôme d’inscription. Pour les haus personnages, il y ajoute une lettre personnelle. Il tient d’ailleurs à avoir de grands et beaux noms, afin de donner de l’éclat à ses listes. A commencer par le pape. Pie IX, tout acquis à ses idées, lui déclarait : « Je veux être non seulement coopérateur, mais le premier des coopérateurs ». Avec bonhomie, il fit la même proposition à l’austère Léon XIII, qui lui dit vouloir être non seulement coopérateur, mais « opérateur ».
Au cours de ses voyages et déplacements en Italie, en France, en Espagne, il accroît considérablement le nombre des associés. A Rome, il conquiert à sa cause nombre de grandes familles et de prélats. Gênes et la Ligurie lui fournissent de gros contingents. En France, Nice devient un centre important, à cause notamment du caractère cosmopolite de cette ville. A Marseille, les coopérateurs sont si fervents que Don Bosco a l’impression de se trouver chez eux en famille.
Dans la foule des coopérateurs, quelques figures se détachent avec plus de relief. Il faut citer le nom de la grande dame de Barcelone, qui sera peut-être canonisée un jour : Dorotea Chopitea, véritable « mère des œuvres salésiennes en Espagne ». En France, se distinguaient surtout Clra Louvet d’Aire-sur-la-Lys et le comte Louis-Fleury Colle de Toulon. … On pourrait encore citer pêle-mêle l’historien italien Cesare Cantù, l’Allemand Mehler, le Hongrois Lonkay, le Juif niçois Lattes…, le comte de Chambord…
À suivre…