dimanche 14 juin 2026

 

Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens  » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969)  Suite chapitre 16, page 206

« Les Coopérateurs Salésiens »

Le règlement de 1876 

Avant de voir l’extension que Don Bosco sut donner sans tarder à la nouvelle association, il convient de s’arrêter sur l’un des instruments de ce succès : le règlement de 1876.

Il se décompose en huit courts chapitres qui ont pour titres : 1° Union chrétienne pour faire le bien ; 2° La congrégation salésienne comme lien d’unité ; 3° But des coopérateurs salésiens ; 4° Manière de coopérer ; 5° Constitution et gouvernement de l’association ; 6° Obligations particulières ; 7° Avantages ; 8° Pratiques religieuses.

Le groupement des coopérateurs s’appuie sur la société salésienne qui lui confère l’unité indispensable. Son but est de lutter contre le mal, spécialement en aidant les salésiens dans leurs entreprises. Don Bosco s’exprime en termes de combat. Il cite l’exemple des premiers chrétiens qui, grâce à leur union fraternelle, arrivaient à vaincre «  les assauts incessants dont ils étaient menacés. » Il faut « repousser » les maux qui mettent la jeunesse en danger et compromettent par le fait même l’avenir de la société. Une mention particulière est faite des missions, où les besoins de toutes sortes sont si pressants. Cette orientation apostolique et sociale n’empêche pas que le but plus fondamental des coopérateurs soit « leur propre bien spirituel, qu’ils se proposent d’atteindre par une manière de vivre qui ressemble le plus possible à celle qui a cours en communauté ». A la fin du chapitre troisième, on perçoit l’écho de l’article premier des constitutions salésiennes : « perfection chrétienne » et «  exercice de la charité envers le prochain et spécialement envers la jeunesse en danger ».

Les coopérateurs demandent donc aux salésiens une spiritualité. Ils en vivent dans le milieu auquel la Providence les a destinés. Tout en s’adonnant à « leurs occupations ordinaires, au sein de leur famille », c’est c »comme si, en fait, ils vivaient en congrégation ». Le chapitre général de 1877 dira que les coopérateurs « maintiennent au milieu du monde l’esprit de la congrégation  de saint François de Sales. Pour guider et nourrir leur vie spirituelle, Don Bosco leur donne quelques directives sur la simplicité de vie, l’honnêteté des conversations, le devoir d’état et leur commande de retraite annuelle, « l’exercice de la bonne mort » chaque mois, enfin la fréquentation des sacrements.

Les activités du coopérateur sont analogues à celles du religieux salésien : catéchisme, retraites, recherche et soutien des vocations sacerdotales, diffusion de la « bonne presse », actions en faveur des jeunes, puis prières et aumône, terme que Don Bosco employait dans un sens large. Il fait ainsi de l’action salésienne. Cette action est dite à juste titre coopération, parce que religieux et non religieux travaillent à la « même moisson », avec les mêmes méthodes et sous un même supérieur. Tout de suite, il se trouvera des gens pour rétrécir la coopération à l’aide pécuniaire aux salésiens. Quoiqu’il fut loin de mépriser celle-ci, Don Bosco s’éleva contre une telle exégèse : « Il faut bien comprendre le but de la Pieuse union, déclarait-il à Toulon en 1882. Les coopérateurs ne doivent pas seulement recueillir des aumônes  pour nos pensionnats, mais aussi s’employer par tous les moyens possibles à coopérer au salut de leurs frères et en particulier de la jeunesse.

À suivre…

 

 

... À suivre  (dans le n°7 : « Le règlement de 1976 » ; 2ème partie)

 

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