lundi 27 juillet 2026

 

Extraits du livre « Don Bosco et les Salésiens  » (Morand Wirth SDB, Elle Di Ci, Torino, 1969)  Chapitre 29, page 386

« Les Coopérateurs de 1888 à 1965 »

 

L’organisation du mouvement  (suite)

… Dès 1893, Don Rua avait voulu réunir à Valsalice, sur la tombe de Don Bosco, la première assemblée des cadres du mouvement. Début prometteur, puisque des représentants de vint-six diocèes d’Italie avaient répondu à son appel. Rencontre fructueuse aussi, puisque de ce « chapitre général des directeurs diocésains de la Pieuse union », comme l’appelait curieusement le compte rendu officiel,  devait jaillir l’idée du premier grand congrès international de Bologne. A partir de là, l’organisation progressa d’un bon pas et au rassemblement de Turin en 1898, c’étaient déjà quarante diocèse s qui étaient représentés.

Mais peut-être faut-il penser qu’un des premiers soucis du P. Rua était de convaincre ses propres troupes de leurs responsabilité à l’égard du « tiers ordre ». Certains de ses interventions le font croire. C’est ainsi qu’au chapitre général de 1895, une commission spéciale se mit, sur sa demande, en devoir d’étudier les relation des coopérateurs avec les maisons salésiennes ainsi que les relations de celles-ci avec Turin à propos de cette question. Aux chapitres de 1901 et de 1904, lui-même proposa de nommer dans chaque province un « correspondant inspectorial » pour s’occuper du mouvement, et semblablement dans chaque maison, un « chargé des coopérateurs ». Les onze articles qui figurent à la fin des Règlements de la Société salésienne sous le titre significatif de Règles pour les salésiens à propos de la Pieuse union des coopérateurs proviennent quant au fond, sinon quant à la forme, des délibérations d’alors. On trouve  là-dedans une autre innovation de ce rectorat : la création d’un Bureau Central des coopérateurs, composé d’un président, qui est le préfet général de la Société, de trois conseillers (le rédacteur en chef du Bulletin Salésien, le propagandiste et le chef de la correspondance) et d’un ou de plusieurs secrétaires. Don Rua sut enfin trouver l’homme qu’il fallait pour réaliser ses plans. En chargeant le P. Stefano Trione de la « propagande » et en le nommant premier secrétaire général de l’Union, c’était près d’un demi-siècle de « coopération » active qui s’ouvrait.

Des difficultés, il y en eut tout de même. Après le P. Rua, le rectorat du P. Albera coïncide avec une époque de bouleversements peu favorables à ce genre d’organisation. Les rassemblements prévus en 1915 pour le centenaire de la naissance de Don Bosco ne purent avoir lieu, car l’Europe était en flammes. En revanche, d’importantes assises se tinrent en Amérique du Sud, dont un congrès international à Sao Paulo en 1915. Il faut noter par ailleurs que les anciens élèves furent encouragés à faire partie de l’Union. Le congrès des coopérateurs et des anciens élèves réuni à Turin en 1920 pour l’inauguration du monument à Don Bosco, fera cette constatation réconfortante, qu’entre gens provenant de pays hier encore ennemis, l’esprit salésien avait créé une authentique amitié fraternelle. Ce congrès, c’était aussi une preuve de vitalité après plusieurs années de tourmente en Europe.

 

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